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La flamme et l'ombre - Sara Teasdale

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La flamme et l'ombre

Sara Teasdale

Recueil complet

Nouvelle traduction

138 x 204 mm - 156 pages - Texte - Noir et blanc - Broché

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CGV

Scilles bleues

Combien passèrent de millions d’avrils, 

Avant qu’enfin je fus illuminèe

Par la blancheur des cerisiers,

Et le vif bleu des lits de scilles ? 

Combien d’avrils dansants,

Quand la vie m’aura quittée, 

Soulèveront les flammes claires des fleurs,

Et, des arbres, toutes ces blanches flammes ?

Oh ! frappez-moi de votre beauté ! 

Martelez-moi, arbres et fleurs ! 

Que la mort ne tente de prendre

Jusqu’à ces heures qui scintillent.

Explosions de fleurs, éclats des arbres,

Ô ! raies de soleil blanches et bleues,

Brisez-moi ! Pour qu’en un sommeil sans fin,

J’emporte en moi toutes vos cicatrices.

Étoiles

Seule, dans la nuit,

Sur une colline obscure ;

Des pins autour de moi,

Épicés, immobiles ;

Un paradis d’étoiles

Au-dessus de ma tête ;

Des blanches, des topazes,

Et des rouges brumeuses ;

Des myriades aux cœurs

De feux palpitants,

Que les éternités

Ne vexent, ni ne lassent.

Gravissant le dôme du Ciel,

Comme d’une grande colline,

Je les regarde marcher,

Majestueuses et immobiles,

Et je sais que je

Suis honorée d’être

Témoin

De tant de majesté.

Qu’ai-je à craindre?

Qu’ai-je craindre, dans les rêves et les langueurs 

du printemps,

Que mes chansons ne m’aient jamais montré ?

Ils sont un parfum, je suis le silex et le feu,

Je suis une réponse, ils ne sont qu’un appel.

Que dois-je craindre de l’amour qui finira si tôt ?

Laissez mon cœur avoir son mot ! Mon esprit, 

les bras croisés,

Est assez fier et fort pour garder le silence. 

Car c’est mon cœur qui fait mes chansons, et non moi.

Sturnelles 

Dans la lumière d’argent, après un orage,

Sous les branches ruisselantes d’un vert neuf et lumineux,

Je prends le bas chemin pour entendre les sturnelles, 

Seule et courageuse, comme si j’étais une reine.

Qu’ai-je à craindre, dans la vie ou dans la mort, 

Moi qui ai connu ces trois choses : le baiser dans la nuit,

La joie blanche qui s’envole quand une chanson est née,

Et les sturnelles sifflant dans la lumière du printemps.

Bois flotté

Mes aïeuls m’ont donné

La flamme agitée de mon esprit,

La forme de mes mains, les battements de mon cœur.

Les lettres de mon nom.

Mais ce sont mes amants,

Et non mes pères endormis,

Qui donnèrent à ma flamme

Ces feux irisés et changeants ;

Comme le bois flotté, en brûlant,

Révèle son brasier de gemmes,

Appris des jours et des nuits colorés

Par les splendeurs bleues de la mer.

J’ai aimé les heures à la mer

J’ai aimé les heures à la mer, les villes grises,

Le secret fragile d’une fleur,

La musique, la composition du poème ;

Car tous m’ont donné le Paradis.

Les premières étoiles sur les collines enneigées,

Les voix des gens sages et attentionnés ;

Et le grand regard d’amour, longtemps caché,

Trouvé enfin dans un regard croisé.

J’ai beaucoup aimé et profondément été aimée.

Oh ! quand pâlira le feu de mon esprit, 

Laissez-moi le calme et toute l’obscurité ;

Je serai fatiguée, et heureuse d’aller.

La lune s’était levée

Le soleil était couché et la lune s’était levée,

Au-dessus des collines bleues du Connecticut ;

L’ouest était rose, l’est rougeoyait,

Et, passant sur ma tête, les hirondelles s’empressaient

Sur ce chemin, sur celui-ci, sans savoir se décider.

Je les entendais pépier, je les voyais s’élancer,

Maintenant ensembles, maintenant séparées,

Comme des pétales sombres soufflés d’un arbre 

au printemps.

Les érables, ombres chinoises sur l’ouest,

Étaient noirs et majestueux et tranquilles, 

Et la lune, orange et brumeuse, montait de l’horizon,

S’habillant peu à peu de jaune doré

Tandis que les collines, pli sur pli, s’assombrissaient

D’un bleu plus profond que la parure d’une fleur.

Je descendis de la colline, et là,

Oubliai le chemin des Hommes :

Des parfums nocturnes, impétueux, humides et frais,

L’extase s’éveilla en moi

Sur les berges fleuries d’un étang qui scintille.

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