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Contes de l’Inde

Rudyard Kipling

138 x 204 mm – 158 pages – Texte – Noir et blanc – Broché

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UGS : 9782355832376 Catégories : , ,

Description

Pour parler comme les prestidigitateurs, il n’y a pas la moindre supercherie dans le récit que l’on va lire. C’est un hasard qui fit rencontrer à Jukes un village dont l’existence est parfaitement connue, mais où il est néanmoins le seul Anglais à avoir pénétré.

Une agglomération analogue florissait jadis aux abords de Calcutta, et l’on assure d’autre part que, si l’on s’enfonce au cœur du Bikanir, — qui n’est autre que le cœur du grand désert indien, — l’on y peut voir non pas un village, mais une véritable ville où les morts, qui ne sont pas morts encore, mais qui n’ont plus droit à la vie, ont établi leur quartier général.

Or, il y a aussi, dans le susdit désert, une cité merveilleuse où, après fortune faite, tous les riches prêteurs — si riches que, n’osant se fier à la protection puissante du Gouvernement, ils préfèrent se réfugier au sein des sables brûlants, — où tous les riches prêteurs, dis-je, se promènent dans de somptueuses barouches admirablement suspendues, achètent de belles esclaves et décorent leurs palais avec de l’or, de l’ivoire, des tuiles de Minton et de la nacre. Et, puisque personne n’a jamais songé à nier que cette cité s’y trouve réellement, je ne vois vraiment pas pourquoi l’on pourrait mettre davantage en doute l’aventure de Jukes.

Jukes est un ingénieur civil dont le cerveau est organisé pour relever des plans, calculer des distances et faire d’autres travaux similaires, et ce n’est certes pas lui qui se creuserait jamais les méninges pour inventer des histoires « à tiroirs ». La besogne qu’il a l’habitude d’accomplir est infiniment plus lucrative. Du reste, la version qu’il donne de cette aventure ne varie jamais, et il faut voir de quelle façon il s’échauffe et s’indigne en repensant à l’odieuse réception dont il fut l’objet.

La première fois qu’il écrivit cette histoire, il le fit tout d’une traite, au fil de la plume, mais, par la suite, il y apporta quelques retouches et y introduisit diverses réflexions morales, comme vous pourrez en juger par vous-mêmes.

Tout cela débuta d’abord par un léger accès de fièvre. Mon travail m’avait contraint à camper plusieurs mois entre Jakpattan et Moubarak, région sablonneuse et désolée s’il en est, comme le peuvent attester tous ceux qui ont eu la malchance d’y aller. Mes coolies n’étaient pas plus exaspérants que ne le sont d’ordinaire ces gens-là, et mes occupations m’absorbaient à tel point qu’elles n’auraient laissé aucune place pour le « cafard », même si j’avais été enclin à me laisser envahir par lui.

La nuit du 23 décembre, je me sentis un peu fiévreux. La lune était alors dans son plein, et, comme de juste, cela faisait hurler tous les chiens autour de ma tente. Les maudites bêtes s’assemblaient par deux et par trois et c’était à devenir fou. Quelques jours auparavant, j’avais abattu d’un coup de fusil un de ceux qui braillaient le plus fort et j’avais suspendu sa carcasse in terrorem à cinquante pas de l’entrée de ma tente. Mais ses compagnons tombèrent dessus et, après une bataille acharnée, finirent par dévorer son cadavre ; il me parut même qu’ils redoublaient d’énergie lorsqu’ils entonnèrent ensuite leur cantique d’Action de grâces.

Le délire que provoque la fièvre varie selon les individus qui y sont en proie. Chez moi, l’irritation fit place, au bout de très peu de temps, à l’idée fixe de massacrer un molosse noir et blanc qui, durant toute la soirée, avait constamment été le premier à donner de la voix et le dernier à finir ; mais j’avais de tels vertiges et tremblais si fort que j’avais déjà inutilement déchargé sur lui les deux coups de mon fusil. Tout à coup, l’idée me vint que le plus sûr moyen de m’en débarrasser serait de le forcer en plaine et de l’achever avec une lance à sanglier. Bien entendu, ce n’était là qu’une inspiration fantasque engendrée par la fièvre ; mais je me souviens que, sur le moment, la chose me parut des plus simples et des plus faisables.

Je donnai donc ordre à mon palefrenier de seller Pornic et de l’amener sans bruit derrière ma tente. Quand le poney fut prêt, je le pris par la bride, prêt à l’enfourcher d’un bond et à m’élancer au galop dès que le mâtin recommencerait à se faire entendre. Pornic, soit dit en passant, venait de passer deux jours au piquet ; l’air de la nuit était glacial et mordant, et j’étais armé d’une paire d’éperons particulièrement vifs et pointus dont je m’étais servi l’après-midi pour dégourdir un cob apathique. Aussi je vous laisse à penser à quelle allure il détala quand je lui rendis les rênes. En l’espace d’un instant, la tente était déjà loin en arrière, et nous nous trouvions emportés à une allure vertigineuse à travers l’immense plaine de sable. Encore un autre instant, et le maudit chien était dépassé, et j’avais quasi oublié la raison pour laquelle j’étais ainsi parti à cheval, la lance au poing.

Le délire de la fièvre et la griserie de cette course folle achevèrent sans doute de me faire perdre la tête, car j’ai comme un vague souvenir de m’être dressé sur mes étriers en menaçant de ma lance l’énorme lune blafarde qui contemplait avec tant de sérénité ma galopade éperdue et en jetant des cris de défi aux buissons d’épine à chameau qui sifflaient sur mon passage. À une ou deux reprises, je crois même pouvoir l’affirmer — et les traces restées sur le sol me le confirmèrent le lendemain matin, — il m’arriva de m’abandonner sur l’encolure de Pornic au point de porter littéralement sur mes éperons.

Cet animal de poney dévorait l’espace — un incommensurable espace de sables baignés de lune, — comme s’il avait été possédé par le diable. Je me rappelle qu’ensuite une pente se dressa subitement devant nous, et que, comme nous en atteignions le faîte, je vis à mes pieds les eaux du Soutleij pareilles à une barre d’argent. À ce moment, Pornic s’abattit lourdement sur le nez, et nous roulâmes tous les deux ensemble au bas d’une déclivité invisible.

J’avais, selon toute probabilité, perdu connaissance, car, en rouvrant les yeux, je m’aperçus que j’étais couché à plat ventre sur un monticule de sable fin et blanc et que l’aube commençait à éclairer faiblement le sommet de la déclivité au bas de laquelle j’étais tombé. Lorsqu’il fit plus grand jour, je constatai que j’étais au fond d’une sorte de cratère sablonneux en forme de fer à cheval ouvert d’un côté, directement sur les eaux du Soutleij. La fièvre m’avait complètement quitté, et, à part quelques légers vertiges, je ne souffrais pas de ma chute de la nuit.

Pornic, qui était debout à quelques pas de là, était, cela va de soi, considérablement fourbu, mais, malgré tout, indemne lui aussi. Sa selle, une selle de polo que j’affectionnais beaucoup, avait été fort endommagée et avait glissé sous son ventre. Aussi me fallut-il un certain temps pour remettre les choses d’aplomb, ce qui me fournit l’occasion d’observer à loisir l’emplacement où j’avais si bêtement culbuté.

Au risque de passer pour fastidieux, il me faut le décrire en détail, attendu que la description exacte de ses particularités sera d’un grand secours au lecteur pour comprendre ce qui va suivre.

Imaginez donc, comme je l’expliquais tout à l’heure, un cratère sablonneux en forme de fer à cheval, avec des parois abruptes d’une dizaine de mètres de haut (leur inclinaison devait être, je pense, d’environ 65 °). Ce cratère renfermait une portion de terrain plat mesurant à peu près cinquante mètres de long sur trente dans sa partie la plus large, avec un puits irrégulier au centre. Autour du fond du cratère, à un mètre du terrain proprement dit, s’alignait une rangée de quatre-vingt-trois trous semi-circulaires, ovales, carrés ou multilatères, mesurant tous à peu près un mètre d’embouchure. En les examinant plus attentivement, je remarquai que chacun de ces trous était soigneusement étagé à l’intérieur avec du bois flotté ou des bambous et qu’au-dessus de chaque ouverture s’avançait en saillie une sorte d’auvent de bois de cinquante à soixante centimètres, pareil à la visière d’une casquette de jockey. Aucun indice ne décelait la présence d’êtres vivants parmi ces souterrains, mais il se dégageait de tout l’amphithéâtre une puanteur écœurante, puanteur plus infecte que je n’en avais jamais respiré dans aucun des villages hindous où j’avais pénétré jusqu’alors.

Étant remonté sur le dos de Pornic, qui était aussi pressé que moi de rentrer au campement, je fis le tour du fer à cheval à sa base afin de chercher s’il n’y aurait pas quelque part une issue praticable. Les habitants, quels qu’ils fussent, n’ayant pas jugé à propos de se montrer, je me trouvais abandonné à mes propres ressources. La première tentative que je fis pour élancer Pornic à l’assaut d’une des abruptes parois sablonneuses me montra que j’étais tombé dans un piège construit sur le modèle de ceux dont se sert le fourmi-lion pour capturer sa proie. À chaque pas de la bête, le sable mou se déversait par tonnes du haut du cratère et tombait avec le fracas d’une trombe de grêle sur les auvents destinés à en protéger les ouvertures. Au deuxième assaut, nous roulâmes tous les deux au fond, à demi suffoqués par les avalanches de sable, et force me fut de reporter mon attention vers la rivière.

De ce côté, la sortie semblait assez facile. Sans doute les dunes s’en venaient mourir juste à ras de l’eau, mais il y avait entre elles quantités de bancs, à peu de profondeur, que Pornic pourrait sans peine franchir au galop et qui me permettraient de rejoindre la terre ferme en obliquant brusquement à droite ou à gauche.

Tandis que je conduisais Pornic dans cette direction, le bruit d’une faible détonation sur la rivière me fit sursauter, et, aussitôt après, une balle passa en sifflant aux oreilles mêmes du poney.

Il n’y avait aucun doute à avoir sur la nature du projectile : c’était une balle réglementaire de Martini-Henry. À cinq cents mètres de là une embarcation indigène était ancrée au milieu du courant, et le léger flocon de fumée qui restait suspendu à son avant, dans l’air calme du matin, me montra tout de suite à qui j’étais redevable de la délicate attention dont je venais d’être gratifié. Vit on jamais respectable gentleman en pareille impasse ? Les dunes perfides me mettaient dans l’impossibilité de m’évader de ce lieu où j’avais pénétré tout à fait involontairement, et, en m’aventurant du côté de la rivière, je ne pouvais que m’exposer à la fusillade de l’indigène dément qui occupait le bateau. Je dois avouer que cette situation eut le don de me plonger dans la plus violente colère.

Une autre balle vint me rappeler à temps qu’il serait beaucoup plus sage de rassembler au contraire tout mon sang-froid et, battant prestement en retraite, je me réfugiai à l’intérieur du fer à cheval. Mais, une fois là, je m’aperçus que les coups de feu avaient eu pour conséquence de faire sortir de leurs terriers soixante-cinq êtres humains dont je ne soupçonnais même pas l’existence jusqu’à ce moment, et je me trouvai au milieu d’une foule de spectateurs : une quarantaine d’hommes, une vingtaine de femmes et un enfant qui n’avait guère plus de cinq ans. Tous étaient misérablement vêtus de lambeaux de cette étoffe couleur saumon qui est propre aux mendiants hindous, et j’eus tout d’abord l’impression que j’avais affaire à une bande de fakirs abjects. Leur aspect était si sale et si répugnant que je renonce à le décrire, et je me pris à frissonner en songeant à ce que devait être leur existence dans ces souterrains immondes. Même de nos jours, et depuis que l’on a aboli le respect des indigènes pour les sahibs en accordant aux localités la faculté de se gouverner elles-mêmes, j’ai toujours été accoutumé à rencontrer une certaine dose de courtoisie chez mes inférieurs et, en m’avançant vers cette populace, je m’attendais naturellement à ce que ma présence reçût l’attention qu’elle méritait. Ma présence fut effectivement remarquée, mais d’une façon bien différente de celle que j’avais prévue.

Chose stupéfiante et pourtant vraie, cette bande de loqueteux poussa l’audace jusqu’à me narguer et à me narguer avec des ricanements comme je ne souhaite pas en entendre jamais à nouveau de semblables. Dès que je m’avançai au milieu d’eux, ce fut un véritable concert de cris, de caquetages, de hurlements et de coups de sifflet ; certains allèrent même jusqu’à se rouler par terre dans des convulsions de joie ignoble. En moins de temps qu’il n’en faut pour l’écrire, je lâchai la bride de Pornic et, poussé à bout par mon aventure de la matinée je me mis à cogner de toutes mes forces sur ceux qui étaient aux premiers rangs. Les pauvres héros s’abattirent sous mes coups comme des quilles, et leurs ricanements ne tardèrent pas à faire place à des gémissements implorants, tandis que ceux qui n’avaient pas encore été touchés m’étreignaient les genoux et me suppliaient en toutes sortes d’idiomes bizarres de les épargner.

Au milieu de ce tumulte et alors même que je commençais à avoir grande honte de m’être si facilement laissé emporter par la colère, une voix flûtée murmura derrière moi en anglais :

— Sahib ! Sahib ! Me reconnaissez-vous ? Sahib, je suis Gunga Dass, l’employé du télégraphe. Je me retournai tout d’une pièce et fis face à celui qui venait de m’interpeller.

J’avais connu Gunga Dass — pourquoi hésiterais-je à citer son véritable nom ? – quatre ans auparavant pour un brahmine du Deccan, prêté par le Gouvernement du Punjab à l’un des États de Khalsie. On lui avait confié là un bureau de télégraphe annexe, et, la dernière fois que je l’avais vu, il offrait l’aspect d’un brave fonctionnaire ventripotent et jovial, doué d’une capacité merveilleuse pour les mauvais calembours anglais — particularité qui l’avait même fait survivre dans mon souvenir longtemps après les services qu’il m’avait rendus dans ses capacités officielles, tant il est rare de rencontrer un Hindou qui fasse des calembours anglais.

Mais que cet homme avait donc changé depuis ! Il en était méconnaissable. Marque de caste, ventre et parler onctueux, tout avait disparu. J’avais devant moi un être squelettique et ridé, sans turban et presque nu, avec des cheveux collés en mèches et des yeux caves comme ceux des morues. Sans la cicatrice en forme de croissant qu’il portait sur la joue gauche et qui lui avait été causée par un accident dont j’étais responsable, je ne me serais certes jamais douté que c’était lui. Mais le fait n’en était pas moins indéniable : cet homme était bel et bien Gunga Dass ; et, par conséquent — ce dont j’étais bien aise, — un indigène parlant anglais et capable de me fournir des éclaircissements sur tout ce qui m’était advenu ce jour-là.

La foule se recula un peu en me voyant me retourner vers ce malheureux et le mettre en demeure de m’enseigner un moyen de sortir du cratère. Il tenait à la main un corbeau fraîchement plumé et, sans répondre à ma question, monta lentement sur la plate-forme de sable qui courait devant les trous et commença silencieusement à y allumer un feu. Les mauvaises herbes, le pavot de sable et le bois flotté s’enflamment vite si l’on a eu soin de les faire soigneusement sécher ; et cela me rassura un peu de constater qu’il les allumait avec une allumette soufrée ordinaire. Quand tout cela forma une belle flamme devant laquelle le corbeau fut convenablement mis à rôtir, Gunga Dass, sans autre préambule, prit enfin la parole en ces termes :

— Il n’y a que deux espèces d’hommes, monsieur : les vivants et les morts. Quand on est mort, on est mort, mais, quand on est vivant, on est vivant. (Ici le corbeau réclama son attention un instant, car, en tournant devant le feu, il courait le risque d’être calciné.) Si l’on meurt chez soi et que l’on n’est pas mort lorsque l’on arrive au ghât pour y être brûlé, on vient ici.

La véritable nature du village empesté m’apparaissait clairement désormais, et tout ce que j’en avais entendu dire et tout ce que j’avais lu de grotesque et d’horrible à son sujet pâlissait devant le fait que venait de me révéler l’ancien brahmine. Seize ans auparavant, lorsque j’étais débarqué pour la première fois à Bombay, un Arménien nomade m’avait raconté qu’il existait, quelque part dans l’Inde, un endroit où les Hindous qui avaient eu le malheur d’échapper à la léthargie ou à la catalepsie étaient déportés et maintenus en captivité, et je me rappelle avoir ri à gorge déployée de ce que je m’étais plu alors à considérer comme une invention de voyageur. Assis au fond de ce traquenard de sable, je vis soudain se dresser dans ma mémoire, aussi nettement qu’une photographie, l’image de l’hôtel Watson, avec le va-et-vient de ses punkahs, avec ses serveurs tout de blanc vêtus et avec cet Arménien à visage olivâtre, et je fus pris d’un inextinguible fou rire. En vérité, le contraste était par trop absurde ! Gunga Dass, tout en se penchant sur l’immonde oiseau, m’épiait avec curiosité. Les Hindous rient rarement, et le milieu où il vivait n’était guère fait pour éveiller chez Gunga Dass une hilarité intempestive. D’un geste solennel, il retira le corbeau de sa broche de bois et, avec la même solennité, se mit à le dévorer. Cela fait, il reprit son récit, que je rapporte ici en ses propres termes :

— Pendant les épidémies de choléra, on vous emporte pour vous brûler presque avant que l’on soit mort. Quand on arrive sur le bord de la rivière, l’air frais, peut-être, vous rappelle à la vie, et alors, si l’on n’a qu’un souffle de vie, on vous met de la boue sur le nez et sur la bouche, et l’on meurt définitivement. Si l’on a davantage de vie, l’on met davantage de boue ; mais, si l’on a vraiment par trop de vie, on vous laisse tranquille et on vous emmène. Moi, j’avais par trop de vie et j’ai protesté avec colère contre les indignités auxquelles on voulait me soumettre. Dans ce temps-là, j’étais brahmine et j’avais ma fierté. À présent, je suis un mort et je mange — ici il considéra le bréchet bien sucé de la bête, en laissant paraître pour la première fois, depuis notre rencontre, quelque trace d’émotion, — des corbeaux et d’autres choses encore. Lorsque l’on s’aperçut que j’étais par trop vivant, on me retira de mon linceul et, pendant une semaine on m’administra des potions qui réussirent à me remettre. Alors on m’expédia par chemin de fer de l’endroit où j’étais jusqu’à la station d’Okara avec un homme pour prendre soin de moi ; à la station d’Okara, nous rencontrâmes deux autres hommes et, durant la nuit, on nous conduisit tous trois à dos de chameau de la station d’Okara jusqu’ici. Ici, d’une poussée, on m’envoya rouler depuis le haut jusqu’au fond ; les autres suivirent, et, depuis, je suis toujours resté ici, il y a de cela deux ans et demi. Jadis, j’étais brahmine et j’avais ma fierté ; à présent, je me nourris de corbeaux.

— Il n’y a aucun moyen de sortir d’ici ?

— Aucune espèce de moyen. Au début, j’ai souvent tenté l’expérience, et les autres aussi, mais nous avons toujours échoué à cause du sable qui se déversait sur notre tête.

Informations complémentaires

Poids 180 g
Dimensions 12 × 138 × 204 mm
Disponible

Oui

Genre

Contes, Souvenirs

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