Histoire

• 1918 – 2018

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©photo : Nieuport, ancien couvent, 14 octobre 1915 par Emile Laget – coll. privée

 

Cent ans se sont écoulés depuis l’arrêt des combats d’une odieuse guerre, sans doute l’une des pires de l’histoire de l’humanité, en terme de barbarie humaine… environ 6000 morts par jour pendant quatre ans, tous belligérants confondus…

Nous vous présentons un texte peu connu de Rudyard Kipling, récit d’un moment historique qu’il écrivit à la demande du gouvernement britannique. Cette requête, parmi d’autres, avait pour but d’inciter les Américains à rentrer en guerre contre l’ennemi commun. Nous sommes alors en août 1915, Rudyard Kipling a 50 ans et est un fervent partisan de la guerre, cette guerre qui défend contre toutes formes d’hégémonie l’idée alors en cours, au sein des pays alliés, du progrès de la civilisation en marche et qu’on appelle le patriotisme. C’est donc avec un œil très partisan sur divers faits et actes que l’auteur relate l’ambiance chaotique de la guerre en cours. Extrait :

« … Quand je vis pour la dernière fois la cathédrale de Reims, c’était par un beau crépuscule de printemps ; les grands vitraux, étincelaient à l’ouest, et la seule lumière venant de l’intérieur était celle de deux cierges allumés par un Anglais pénitent en l’honneur de Jeanne d’Arc, et brûlant dans ces mêmes flambeaux. 

Le grand autel était recouvert de tapis de pied ; les tuiles du pavé étaient fendues et déplacées par les lourds fragments tombés de la voûte ; on marchait sur des débris de pierre calcinée, de fer tordu, de vitraux en poudre. Le grand portail, défoncé par un obus venant à travers le jardin de l’archevêque, présentait la forme incongrue d’un tonneau. Mais je ne veux pas continuer ; la liste a été faite , et elle est en de meilleures mains que les miennes. Le souvenir en durera autant que dureront les générations parmi lesquelles le nom du Teuton sera honni, mis au ban de l’humanité – pendant ces longues années paisibles où, la guerre du corps étant finie, la guerre véritable commencera. Reims n’est qu’un des autels  que le païen a dressés pour que les peuples du monde entier y viennent commémorer sa mort. C’est un ouvrage qui servira. Un signe d’infamie que toute la terre connaît aujourd’hui, et qu’ils ont laissé comme le sceau visible de leur condamnation. 

Quand ils mirent le feu à la cathédrale, il y avait à l’intérieur quelques centaines de blessés allemands. Les Français en sauvèrent autant qu’ils purent, mais il fallut de force, en laisser quelques-uns… Dans le nombre de ces malheureux, se trouvait un commandant grièvement blessé qu’on avait placé le dos appuyé à un pilier. La destinée a voulu que la marque de ses tourments demeurât empreinte que la pierre – deux jambes et la moitié du corps, dessinés en une sorte de noir graisseux. Beaucoup de gens prient et espèrent que ce signe sera respecté, au moins par les enfants de nos enfants… » 

Un récit que nous avons enrichi du Poème à la France qu’il écrivit en 1913… et où il déclamait :

« Écoute  : Ensemble et proche à nouveau, ceinture contre ceinture Soyons la garde pacifique de la paix sur Terre ! « 

et de quelques reproductions d’images (cartes postales, toiles). Un ouvrage permettant de réfléchir au bien-fondé de l’idée de la civilisation, du patriotisme, de la guerre et de ses méfaits sur l’homme.

La France en Guerre (à la frontière de la civilisation) suivi de Poème à la France – Rudyard Kipling. 117 pages. 

 

 

Actu

◘Un conte pour Noël… à lire en ligne.

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En ces périodes fraîches et festives nous avons choisi de vous offrir un conte inédit pour Noël, écrit à deux plumes par deux auteurs réunies dans leur passion pour la nature et l’enfance. Il est agrémenté d’illustrations mêlant photo et trait.

Nous vous invitons à télécharger le PDF ; lisez, partagez, plus que jamais « Tolle, lege » !

À tous, de belles et chaleureuses fêtes !

 

 

http://editions-lescalier.com/Alysse/Alysse_et_les_Lutins.pdf

Écrits d'artistes

• Noa-Noa : ce qu’exhale Tahiti…

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« – Alors vos chiens rouges, vos ciels roses ?

Sont voulus absolument ! Ils sont nécessaires et tout dans mon œuvre est calculé, médité longuement. C’est de la musique si vous voulez ! J’obtiens par des arrangements de lignes et de couleurs, avec le prétexte d’un sujet quelconque emprunté à la vie ou à la nature, des symphonies, des harmonies ne représentant rien d’absolument réel au sens vulgaire du mot, n’exprimant directement aucune idée, mais qui doivent faire penser comme la musique fait penser, sans le secours des idées ou des images, simplement par des affinités mystérieuses qui sont entre nos cerveaux et tels arrangements de couleurs ou de lignes. » Extrait de l’interview donnée par Paul Gauguin à Eugène Tardieu le 13 mai 1895 et paru en intégralité dans notre Noa-Noa Ce qu’exhale Tahiti…

Cette plongée au cœur de la pensée de l’artiste durant son premier voyage à Tahiti par, d’une part, sa biographie enrichie de photographies et de notes du peintre, par son interview à son retour, par son Noa Noa enrichi du récit initial sur la naissance des étoiles, et enfin par le catalogue complet de son œuvre peinte et sculptée entre 1891 et 1893,  est un voyage ensorcelant et qui nous place face à l’homme intransigeant et ambitieux, arc-bouté sur son travail.

Avec ce livre entre les mains chacun sera à même de faire mentalement le portrait de Gauguin sous un jour dénué de fausses paroles et de fantasmagories variées puisque tout dans ces pages est un acte de lui. Ce livre est une invitation au voyage tout autant qu’une mine de renseignements précis.

« Un jour je voulais avoir, pour sculpter, un arbre de bois de rose, morceau assez important et qui ne fût pas creux. – Il faut pour cela me dit-il, aller dans la montagne à certains endroits où je connais plusieurs beaux arbres qui pourraient te satisfaire. Si tu veux je t’y mènerai et nous le rapporterons tous deux. Nous partîmes de bon matin. Les sentiers indiens sont à Tahiti assez difficiles pour un Européen : entre deux montagnes qu’on ne sauraient gravir existe une fissure où l’eau se fait jour à travers des rochers détachés, roulés, reposant encore puis repris un jour de torrent qui les roule plus bas, ainsi de suite jusqu’à la mer. » in Noa Noa.

Actu

• Une rentrée à L’Escalier

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Quatre nouveaux titres, tout beaux, tout ronds comme des petits pains dorés sortis du four pour cette rentrée bouillante :

  •  Ce qu’exhale Tahiti  – Noa Noa  une nouvelle édition augmentée d’une biographie du peintre comportant citations et photographies, d’une interview qu’il fit lors de son retour de Tahiti, du texte Noa Noa initial et complet (notamment « la naissance des étoiles ») de Paul Gauguin et du catalogue de l’œuvre peinte et sculptée de son premier séjour à Tahiti, entre 1891 et 1893… Une plongée au cœur d’un moment artistique puissant à travers les yeux d’un homme intransigeant, Paul Gauguin.
  • Être arbres par Sophie Lhulotte. L’auteur, passionnée par la nature et les paysages, nous livre ses impressions : elle parle à la place de l’arbre, elle nous parle des arbres qui l’ont marquée, de ceux qui disparaissent, et qui font l’essence du monde en une suite poétique de petits récits. Un livre attachant, jubilatoire et grave à la fois.
  • Lettres à Lucilius de Sénèque – Livre I nouvellement traduites par Jonathan Galmiche. Ouvrage de vieillesse, rédigé trois ans avant sa mort, le recueil des Lettres à Lucilius est considéré à juste titre comme le chef d’œuvre de Sénèque. Composées à la fin d’une vie tout à la fois consacrée aux affaires, à la politique et à la philosophie, elles constituent non seulement une sorte de testament spirituel légué par Sénèque à son « cher Lucilius », mais surtout une invitation inédite à confronter les préceptes moraux tirés de cette longue carrière à la réalité quotidienne. Dès les premières lettres, les grands thèmes sont posés : le temps, l’amitié, la mort. Sénèque se pose en maître de sagesse et invite son disciple à progresser sur la voie de la philosophie : le premier livre est avant tout une exhortation morale à se convertir au stoïcisme.Les Lettres à Lucilius ont été écrites pour être publiées : «  je travaille pour les hommes de demain » écrit Sénèque (Lettres à Lucilius, I, 8, 2) : la force et la nouveauté de son style en graveront les sentences dans la mémoire de ses lecteurs jusqu’à notre époque.
  • La France en guerre par Rudyard Kipling : C’est en août et septembre 1915 que Rudyard Kipling écrit ces chroniques. Il le fait à la demande du gouvernement britannique pour inciter les États-Unis à entrer dans le conflit. Il était encore, pour quelques jours, un fervent partisan de la guerre, défenseur d’une vision de la civilisation issue directement du XIXe siècle qui séparait d’une ligne nette la barbarie de l’humanisme.
    Ces textes et le poème sont l’écho non seulement de quelques faits et actes de la Première Guerre mondiale (dont sûrement très peu, ici, sont objectifs), mais surtout d’un état d’esprit des peuples français et britanniques : c’est en quelques pages un instantané du patriotisme en marche, nourrissant la guerre de lui-même, s’en nourrissant par là même…

Alors plongez ! c’est la rentrée …

(photo : Méditerranée – mai 17 – ©SDD)

Théâtre

• Un soleil en été

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… Marta : Mais bien-sûr qu’elle viendra ! Dès qu’elle aura un petit moment de libre, ne te l’ai -je pas dit ? Mais pour elle aussi,  imagine quel plaisir ce serait de rester ici avec nous… avec toi, depuis tout ce temps…Ça fait combien d’années ? tellement, tellement… Ah, mon petit, j’ai l’impression que c’était il y a une éternité … J’ai vu tant et tant de choses… des choses qui … qui ne me paraissent pas vraies. Je ne  l’aurai pas cru, si quelqu’un me l’avait dit, quand j’étais là-bas, à Palma, et que tu montes sous la mansarde… Avec les nids d’hirondelles sous la charpente du toit, tu te souviens ? Qui s’envolaient dans la maison.. tant de fois devant notre visage… et mes beaux pots de basilic à la fenêtre… Et madame Anuzza, madame Anuzza ? Notre petite voisine ? que devient-elle ? 

Micuccio : Eh… (il fait le signe de croix avec deux doigts pour signifier : morte !)

Marta : Morte ? Eh, je m’en doute bien…Elle était déjà bien vieille…plus que moi…pauvre madame Anuzza…avec sa petite gousse d’ail… tu te souviens ? Elle venait avec cette excuse…de lui prêter une petite gousse d’ail, juste quand on passait à table…et…La pauvre ! Et qui sait combien d’autres sont morts hein ? À Palma… Ah! au moins, une fois morts, ils reposent là-bas, dans notre cimetière, avec leur famille… Alors que moi…qui sait où je laisserai mes os…Bon … allez, allez…n’y pensons pas !

(Dorina entre avec le premier plat et s’approche de Miccucio afin qu’il se serve.)

Oh, merci Dorina…

(Miccucio regarde Dorina, puis tante Marta, confus, gêné ; il lève les mains pour se servir, voit qu’elles sont sales du voyage et les baisse, plus confus que jamais.)

Ici, ici Dorina ! Je m’en occupe… C’est moi qui vais le servir… (elle s’exécute) Comme ça…ça ira, hein ?

Extrait de Limettes de Sicile de Luigi Pirandello.

L’étau, Limettes de Sicile, Le devoir du médecin, trois pièces nouvellement traduites par Mathilde Dri, s’inscrivant dans le premier volume de l’intégrale du théâtre de Luigi Pirandello (en cours de traduction) que nous sommes heureux de présenter.

 

Actu

• Hommage à notre ami Jean-Philippe Goldschmidt.

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Il était fort en gueule, colérique, érudit et grand gourmand ; insatiable lecteur, il aimait Victor Hugo et aussi Flaubert dont il affectionnait leur 8 mai commun ; il avait une mémoire insondable, ce qui, pour un professeur d’Histoire-Géographie agrégé lui conférait une aura particulière mais il était surtout et avant-tout notre Ami.

Infatigable, même au plus fort de sa maladie, il n’aura eu de cesse que nous partagions les connaissances d’une idée commune entre nous, de la culture et de la pensée française, jamais très loin d’une certaine Allemagne meurtrie, pays de son père.

Traduisant scrupuleusement, non sans bons moments entrecoupés de fous-rires, le livret de R.Wagner, Tristan et Isolde qui devait s’inscrire dans un vaste ouvrage consacré à la légende quasi mythologique de Tristan et Iseult mais qui ne put aboutir, rédigeant avec cette verve qui lui était propre une préface au texte de Victor Hugo sur Napoléon le Petit, dressant des topos historico-géographiques d’un nouveau concept liés à son amour de l’Antiquité romaine, à son goût de l’Histoire et du présent… il a été un allié sans faille.

« Le Grand Boulamatari l’a finalement mangé » durant une nuit de ce février, sans faire de bruit, dans un affreux silence survenu quelques jours plus tôt. Il a rejoint le panthéon que nous avions dressé ensemble durant nos interminables discussions, en hommage à nos illustres disparus dont nous citions si plaisamment les noms et les œuvres : J. Le Goff… Rabelais… D’Aubigné…Voltaire… Aragon… Hugo… Louise Michel… Jean de la Fontaine et Charles Péguy… la liste est longue et rassurante à laquelle il participe maintenant et tant que les mémoires bienveillantes dureront.

(Nous insérons cette courte réplique dans notre hommage, en souvenir des soirées passées à rire ensemble devant, entre autres films, La Grande Vadrouille, de G. Oury…)

Photographies

• Une nouvelle collection est née !

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C’est avec joie que nous vous annonçons la naissance d’une nouvelle collection au sein de nos Éditions. Elle se dénomme tels quels et présente des séries photographiques aux thèmes variés en couleurs ou noir & blanc.

« Le propos de ces recueils d’images détachables est de couvrir un sujet en échappant à l’esthétique traditionnelle, de le prendre tel quel, tel qu’on le voit, tel qu’on voit. 

Tous ces paysages où nos jours se déroulent, tous, qu’ils soient urbanisés ou non, avec les défauts, la laideur, l’émotion, la beauté propre ou composée, surgissent ici d’eux-mêmes sans avoir à être précédés de savantes réflexions de prise de vue. 

Cette volonté de simplicité, imposée aux photographes de notre collection, leur permet un art photographique moins technique, plus direct et instinctif. »

Le format de chacun des livres est un carré de 13 x 13cm ; chaque photographie est détachable et pourquoi pas réutilisable comme une image, à sa convenance.

Nous vous invitons à suivre l’actualité de notre site afin de découvrir les nouvelles parutions de cette collection au fur et à mesure que nous les éditerons.